Sortie: Un journée à Auvillar

Texte écrit par Jean Noël JOLICOEUR
Photo: Gwenaelle GUILLON / André PRADDES /Jean Noël JOLICOEUR

Jeudi 4 juin, 7h 45. Le parking du stade est bien rempli, signe indéniable d’activité locale…
L’autocar de la maison Chauchard a ouvert en grand ses portes pour le Temps d’un Café. Il pleut
et nous partons pour une longue journée d’escapade dans le Tarn & Garonne. L’air est frais, les
yeux piquent encore un peu lorsque nous descendons du car à Auvillar, les charmantes
hôtesses de l’hôtel restaurant du village nous accueillent avec un bon café fumant qui nous
réchauffe et achève de nous réveiller.

Le groupe se sépare en deux, chacun part à la découverte des lieux avec son guide. Auvillar est
un des plus beaux villages de France, paraît-il, l’atmosphère de grisaille ne nous permet pas de
le vérifier de façon absolue ; toutefois la truculence joviale de notre guide ranime notre
flamme et gomme un peu le reste.

De pavés luisants en ruelles pittoresques, la marée multicolore de nos parapluies progresse,
empruntant quelques passages de la voie du Puy en Velay sur le chemin de St Jacques de Compostelle. L’église nous attendait stoïque sous une pluie battante et tenace. Quelques mots
vite parlés pour nous instruire du passé de ce lieux, et nous voilà dans l’église à l’abri des
intempéries et tout éblouis par tant de blancheur… c’est que la rénovation vient tout juste
d’être achevée !

De superbes ornements et décorations religieux, richesse factice mais séduisante en trompe
l’œil laissent l’observateur pantois. De retour sous la pluie, nous partons visiter le musée, incroyable assemblage hétéroclite de pièces rares ou originales, témoins de la force morale des habitants d’Auvillar qui refusèrent de laisser leur village mourir et fondèrent ce musée pour en faire une immense vitrine.
Les faïences locales y ont une place de choix, vestiges d’un passé guère lointain où l’art primait
sur tout.

Une petite pause sous la halle aux grains nous rappelle que nous sommes dans une région à
forte activité agricole, et c’est les yeux pleins de graines, et non pas de larmes, que nous
achevons notre visite matinale en visitant l’exposition du moment consacrée à l’art du verre.
Ce n’est pas Murano, ce n’est pas Biot, c’est Auvillar ! De la lumière, beaucoup de lumière,
comme si le soleil était venu se cacher en ces lieux… des œuvres d’une grande beauté,
délicates et légères, révélant le travail d’artisans passionnés.

La proximité de la Garonne nous permet d’admirer ce paysage absorbé dans la brume, à travers
laquelle on devine vaguement les tours de la centrale de Golfech.

Quelques kilomètres plus loin, le restaurant du golf d’Espalais vient nous réconforter et nous
fait oublier pour un instant le temps maussade et humide. Les papilles charmées, les estomacs
repus et contents savamment désaltérés de crus locaux, nous repartons pour la suite de ce
périple lot & garonnais…

Le château de Lamotte Bardigues se profile déjà à l’horizon de l’autocar et la châtelaine du Domaine nous accueille chaleureusement. Les histoires des murs et de leurs propriétaires successifs nous sont contées avec une passion communicative, tant notre hôtesse maîtrise son sujet et sait captiver son auditoire par la simplicité de ses mots. On a vraiment la sensation de
vivre, de sentir en nous tous ces évènements passés si riches et parfois émouvants.

Le jeune couple représentant la 20ème génération de propriétaires de ce château, Paul Alexandre de Boisséson et son épouse Caroline, ont l’ambitieux projet de redonner toute sa splendeur à ce domaine avec de nombreux projets d’aménagement et de restauration.

Proposer une évocation de l’art de vivre au XVIII° siècle tout en développant une activité agricole, mettant les villageois à contribution au travers d’activités associatives, c’est indéniablement une marque de caractère et il ne fait aucun doute que cette ambition saura être menée à bien.

C’est avec un pincement au cœur que nous faisons tous un petit signe d’au revoir à notre
charmante hôtesse debout au bord du chemin, sous son parapluie rose, elle qui a su nous
transmettre sa passion et nous faire vivre d’intenses émotions tout au long de cette visite.

Quelques kilomètres de plus nous portent au sommet d’une colline, au village de Lachapelle,
en terre de Lomagne.

Une église fortifiée d’une originalité stupéfiante nous attend.
Sitôt le seuil franchi, nous sommes littéralement envoûtés par le caractère insolite de cette église. Pas de clocher avertisseur, une forme originale, un passé qui remonte au XV° siècle, en 1776 précisément. L’intérieur est en bois mouluré peint et doré, disposant de deux étages de tribunes convexes et concaves donnant l’apparence d’un théâtre vénitien. Cet ensemble architectural présente un état de conserva on remarquable.

Le village de Lachapelle doit donc sa notoriété à la volonté d’un curé ayant étudié Rome de
doter son village d’un décor baroque pour en faire le bijou que nous découvrons en
franchissant les portes de ce lieu perdu.
Que d’émotions pour une journée qui s’annonçait grise et qui est rayonnante et lumineuse par
les découvertes qui nous sont offertes !
Merci à Annie et Gwénaëlle de nous avoir dén iché ce superbe trésor de notre Sud-Ouest.
JN

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