Eugène Ebodé

 

Ce lundi 17 juin, nous avons retrouvé avec plaisir Eugène Ebodé  – petit chapeau, sourire prompt, humour, profonde humanité…-  qui était venu nous parler de La Rose dans le bus jaune en février 2015.


Eugène Ebodé dit avoir plusieurs vies : il est né au Cameroun, a fait partie de l’équipe de foot des Lions indomptables, a suivi plusieurs parcours universitaires en France. Aujourd’hui, il est professeur, journaliste, écrivain multiple (romans, essais, contes…) et se définit comme auteur engagé.
Il s’est intéressé successivement – entre autres – à la conquête des droits civiques par les noirs aux USA (La rose dans le bus jaune), à la guerre au Rwanda (Souveraine magnifique). Cette fois, c’est de Mayotte  qu’il parle dans son nouveau livre : Le balcon de Dieu, sur lequel Christine et Geneviève lui posent des questions.

 

 

                                                        

Mayotte – la seule île des Comores à vouloir rester française lors du référendum de 1975,  Eugène Ebodé la connaît bien puisqu’il y a enseigné en collège pendant deux ans.  Après nous avoir donné un bref aperçu de son histoire, il évoque les conditions de vie de la population de ce « territoire oublié » de la République.
Mayotte, c’est la misère qui côtoie la beauté. Beauté des paysages, des plages, profusion des fleurs (on l’appelle l’île aux fleurs ; d’ailleurs, Guerlain est venu y exploiter l’ylang-ylang… jusqu’à ce qu’on lui demande de traiter ses ouvriers selon la législation française !).
Et, à côté, la misère, omniprésente, avec sa compagne la violence, dans ses aspects les plus criants, les plus visibles : les élèves qui n’ont aucun moyen de se laver tant les coupures d’eau sont nombreuses, et qui puent, qui sont pleins de parasites, (qui dorment en classe parce qu’aux aurores ils sont allés à l’école coranique dont ils gardent en classe l’habitude de se balancer), qui viennent à l’école ne serait-ce que pour manger.
Certains passent la nuit dans la mangrove ; on y retrouve parfois leurs corps, noyés…
Plages paradisiaques désertes, infréquentables tant l’insécurité est grande (pas de tourisme bien sûr) ; « la beauté est angoissante quand elle n’est pas partagée»…
Dangers de la nuit…
Drogue…
Tissu social détruit…
Voilà le tableau qu’Eugène Ebodé fait de Mayotte ; un cri pour que cela change, pour que l’Etat français et les pays africains se soucient enfin de cette île et l’aident vraiment à sortir de la misère.  


    La séance se termine; l’auteur dédicace ses livres à celles et ceux qui le désirent; nous partageons tartes aux fruits et boissons prévues par Joëlle. Notre année lecture s’achève sur une note joyeuse.

                                                              Bon été
                                                                                                                                                                     Lucienne

 

 

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